Le Olympus Pen F de 1963 est un reflex mécanique conçu pour exposer des images de 18 × 24 mm sur une pellicule 35 mm ordinaire. Une bobine de 36 poses peut ainsi fournir jusqu’à 72 vues, mais chaque image est plus petite qu’un négatif 24 × 36 mm.
En bref
- Le demi-format double le nombre de vues disponibles sur une pellicule 35 mm, sans doubler le nombre d’images par rapport à un film 24 poses.
- Le cadrage vertical est la position normale du Pen F ; une image horizontale demande de tourner le boîtier.
- Le Pen F, le Pen FT et le Pen FV partagent le même principe, mais diffèrent par leur posemètre, leur armement et leur viseur.
- Le négatif plus petit demande davantage d’agrandissement pour un tirage de même dimension, ce qui rend le grain plus visible.
Le sujet porte sur le Pen F argentique et son emploi avec une pellicule 35 mm. Le PEN-F numérique de 2016, l’instantané et le tirage en chambre noire ne sont pas traités ici.
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Comment le Pen F obtient-il 72 vues avec une pellicule 36 poses ?
Le format 35 mm classique expose une image de 24 × 36 mm. Le demi-format utilise la moitié de cette surface, soit un cadre de 18 × 24 mm, et place deux images dans l’espace qu’occupe normalement une seule. La longueur de film ne change pas ; c’est la surface de chaque négatif qui diminue.
Dans un appareil photo argentique demi-format, l’avantage se compte donc en expositions potentielles. Une pellicule de 36 poses peut donner jusqu’à 72 vues, tandis qu’une bobine de 24 poses peut en fournir jusqu’à 48. Le nombre réel dépend de l’amorçage et de l’avancement du film ; ces valeurs désignent la capacité théorique annoncée par le principe du format.
Cette différence change aussi le calcul du budget. Si une pellicule coûte un montant donné, son seul coût par image est divisé par deux par rapport à une bobine 36 poses utilisée en 24 × 36. Le développement et le scan, eux, sont souvent facturés par rouleau ; il ne faut donc pas supposer que le coût complet par image est exactement divisé par deux.
Le calcul à effectuer reste simple. Il faut additionner le prix du film, le développement, le scan et les éventuels frais d’envoi, puis diviser le total par le nombre d’images effectivement exploitées. Sans tarifs datés d’une enseigne et d’un laboratoire, un montant en euros par vue ne serait pas vérifiable.
Le gain de vues et ses limites pratiques
Pour une personne qui photographie régulièrement, la capacité doublée peut espacer les achats de pellicules. Elle ne garantit toutefois pas une économie globale équivalente, surtout si le laboratoire facture un supplément pour découper ou scanner les images selon les besoins du demi-format. Il faut demander au laboratoire son procédé, son délai, sa résolution et ses modalités de scan avant l’envoi.
Le nombre de vues invite aussi à vérifier le compteur du boîtier avec attention. Un compteur qui marque les prises comme sur un appareil plein format peut surprendre, car le film avance sur une distance plus courte après chaque exposition. Sur le Pen F, l’avancement et l’obturateur sont conçus pour ce format ; forcer le levier en cas de blocage n’est pas une méthode de contrôle.
La réduction du négatif a une conséquence directe sur le résultat agrandi. Pour obtenir un tirage de même taille qu’avec un négatif 24 × 36 mm, l’image demi-format doit être agrandie davantage ; le grain devient alors plus visible à mesure que la taille du tirage augmente.
La promesse du demi-format est donc précise, et non magique. Vous obtenez davantage d’images sur la même longueur de film, mais l’intérêt budgétaire final dépend aussi du traitement et de la destination des scans.
Pourquoi le reflex Olympus Pen F a-t-il un capot plat ?
Le Pen F apparaît en 1963, après les compacts Pen demi-format lancés par Olympus en 1959. Il reprend l’idée d’utiliser une image plus petite sur un film standard, mais ajoute des objectifs interchangeables et une visée reflex. Yoshihisa Maitani, concepteur du Pen F, poursuivra ensuite son travail chez Olympus sur des appareils comme l’OM-1 et le XA.
La difficulté était de loger le miroir sans reprendre simplement l’architecture d’un reflex 24 × 36. Dans la conférence de Maitani au JCII Camera Museum en 2005, relayée par Olympus, le concepteur explique que l’orientation du cadre demi-format compliquait le mouvement habituel du miroir vers le haut. Celui-ci risquait alors d’entrer en conflit avec l’objectif.
La solution retenue est un miroir qui bascule latéralement. La lumière rejoint ensuite l’oculaire par un chemin optique utilisant des prismes de Porro, selon le principe employé dans des jumelles. Cela permet de conserver un dessus plat, sans la proéminence de prisme familière sur de nombreux reflex.
Cette architecture explique la silhouette singulière du boîtier, mais elle n’est pas un simple choix esthétique. Elle répond à une contrainte d’espace créée par la taille et l’orientation de l’image. Les dimensions indiquées pour le Pen F sont de 130 × 71 × 36 mm, pour environ 440 g sans objectif ; ces chiffres décrivent le boîtier nu et non un ensemble prêt à photographier.
Un obturateur rotatif adapté à la construction
Le miroir latéral occupe une zone qui rendait difficile l’installation d’un obturateur à rideaux traditionnel. Olympus a choisi un disque métallique rotatif placé devant le film. Le matériau devait être assez léger pour tourner rapidement tout en conservant la rigidité nécessaire au fonctionnement du mécanisme.
Le récit de Maitani décrit le choix du titane après des essais avec d’autres métaux. Le disque aurait atteint une vitesse de 1/300 s avant d’être aminci par gravure chimique pour approcher 1/500 s. Ces indications concernent la conception du mécanisme rapportée lors de la conférence, et non une mesure d’un exemplaire ancien particulier.
Le fonctionnement du disque permet également une synchronisation du flash électronique à toutes les vitesses annoncées, de 1 seconde à 1/500 s. Pour un utilisateur, ce détail distingue le Pen F d’un reflex construit autour de rideaux dont la synchronisation dépend de la vitesse sélectionnée.
Cette conception exceptionnelle a une conséquence pratique lorsqu’un boîtier ancien est envisagé. L’entretien ne doit pas être assimilé à celui d’un reflex courant ; l’état du mécanisme doit être évalué par un réparateur connaissant ce modèle. L’intérêt du Pen F tient autant à l’architecture pensée par Maitani qu’au nombre de vues obtenu sur chaque rouleau.
Quelle différence entre le Pen F, le Pen FT et le Pen FV ?
Les trois versions conservent le principe du reflex demi-format, mais n’offrent pas les mêmes commandes. Le Pen F original est produit de 1963 à 1966, le Pen FT de 1966 à 1972 et le Pen FV de 1967 à 1970, selon les données historiques communiquées pour ces modèles. Ces dates servent à distinguer les versions, pas à établir la valeur de collection d’un exemplaire.
| Modèle | Posemètre | Armement | Retardateur | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Pen F | Aucun intégré | Deux mouvements par vue | Non | Viseur lumineux et grand F en façade |
| Pen FT | Cellule CdS intégrée, mesure à travers l’objectif | Un mouvement par vue | Oui | Viseur plus sombre et commande de retardateur en façade |
| Pen FV | Aucun intégré | Un mouvement par vue | Oui | Viseur lumineux, sans cellule intégrée |
Le Pen F demande deux mouvements du levier pour avancer après une exposition. Ce fonctionnement est normal et ne constitue pas en soi un défaut. Le FT et le FV simplifient cet armement en une seule course, ce qui peut modifier le rythme d’utilisation sans changer la quantité d’images inscrites sur le film.
La cellule du FT n’affiche pas directement l’ouverture
Le posemètre du FT indique une valeur à reporter sur la bague de l’objectif, plutôt qu’une ouverture présentée comme résultat final. Il faut donc comprendre l’échelle et vérifier que les objectifs sont compatibles avec l’affichage prévu. La présence d’une cellule intégrée ne suffit pas à garantir sa précision après plusieurs décennies.
Une mesure cohérente se vérifie avec une source lumineuse calibrée ou un posemètre indépendant. Cette précaution concerne toute cellule ancienne dont l’état n’a pas été contrôlé récemment ; elle ne remplace pas une inspection technique du boîtier.
Le choix entre les versions se résume à des priorités concrètes. Le Pen F privilégie le viseur clair et la présentation originale, tandis que le FV ajoute l’armement simple course sans cellule intégrée. Le FT est à considérer si son posemètre intégré est un critère décisif et si son fonctionnement a été contrôlé.
Les nombres de production avancés pour les trois modèles sont approximativement de 190 000 Pen F, 275 000 Pen FT et 45 000 Pen FV. Ils donnent un ordre de grandeur historique, mais ne permettent pas de déduire le prix actuel d’un appareil ni son état mécanique.
Quels objectifs Zuiko utiliser avec un Pen F demi-format ?
Le Pen F possède une monture propre à sa gamme. Elle est distincte de la monture OM apparue plus tard ; un objectif OM ne se monte donc pas directement sur un Pen F, et l’inverse n’est pas davantage prévu. La compatibilité doit être vérifiée au niveau de la monture, sans se fier à la seule marque inscrite sur l’objectif.
Le demi-format modifie aussi l’angle de champ associé à une focale. Le 38 mm fourni comme focale standard cadre plus serré que sur un appareil 24 × 36 ; il est généralement rapproché d’un 55 mm en équivalent de cadrage. Cette équivalence sert à comparer les champs couverts, non à affirmer que les deux objectifs ont la même conception optique.
La gamme comprend plusieurs focales fixes, des grands-angles aux téléobjectifs, ainsi que des zooms et un objectif macro. Dans la nomenclature Zuiko de cette période, la lettre placée devant le nom indique le nombre de lentilles. Ainsi, F.Zuiko désigne une formule à six lentilles, comme celle du 38 mm f/1.8.
Le 38 mm f/1.8 comme focale standard
Le 38 mm f/1.8 est décrit comme un objectif compact, pesant environ 135 g, avec une ouverture maximale qui laisse entrer davantage de lumière que plusieurs optiques standard moins lumineuses. Ces caractéristiques expliquent pourquoi il est souvent associé au boîtier dans les descriptions du système, mais elles ne suffisent pas à déterminer l’état d’un exemplaire particulier.
Le 42 mm f/1.2 ouvre davantage, mais son poids est indiqué comme proche du double de celui du 38 mm f/1.8. Le choix dépend donc de la priorité donnée à l’ouverture maximale ou à la légèreté de l’ensemble. Sans prix de vente relevé et daté, il serait trompeur de désigner l’un comme l’option la plus économique.
Avant d’acheter une optique ancienne, l’examen de son état relève d’un contrôle matériel, pas d’une recommandation de pellicule. Un voile, un champignon, des traces d’huile ou un diaphragme qui se ferme mal peuvent nécessiter l’avis d’un réparateur spécialisé. Le fonctionnement du boîtier et celui de l’objectif doivent être considérés séparément.
La taille des objectifs contribue à l’impression d’un système peu encombrant. Un appareil compact peut alors accompagner une pellicule 35 mm standard tout en offrant un cadrage différent du plein format. Il reste nécessaire de choisir la focale en fonction du type d’image recherché plutôt que de la seule apparence miniature de l’équipement.
La monture spécifique est à la fois l’atout et la limite du système. Elle donne accès à des objectifs conçus pour le Pen F, mais empêche de traiter la gamme comme un simple prolongement des reflex OM.
À qui le demi-format convient-il pour la photographie argentique ?
Le demi-format convient d’abord aux personnes qui veulent multiplier les images par rouleau et acceptent le compromis d’un négatif plus petit. Avec 72 vues théoriques sur une bobine 36 poses, il permet d’enchaîner davantage de prises avant de changer de film. L’économie de pellicule concerne alors le coût d’achat par image, tandis que le coût du laboratoire doit être calculé séparément.
Le format favorise aussi les séries. Deux cadres successifs peuvent être pensés ensemble comme un diptyque, c’est-à-dire deux images qui se répondent. Cette approche découle directement de la succession des vues sur la bande ; elle ne demande pas un mode spécial, mais une attention au rythme et à l’ordre des images.
Le Pen F donne une prise de vue verticale lorsqu’il est tenu dans sa position normale, puisque le cadre de 18 × 24 mm est orienté différemment du cadre 24 × 36 habituel. Pour composer une image horizontale, il faut tourner l’appareil. Ce geste est simple, mais il peut demander une période d’adaptation si le cadrage horizontal est devenu automatique.
Le format du négatif et la taille des tirages
Le négatif demi-format est plus petit qu’un négatif 24 × 36 mm. Pour produire un tirage de mêmes dimensions, l’agrandissement est plus important et le grain peut apparaître plus nettement. Cela ne signifie pas que tout scan est inutilisable ; la résolution demandée, la taille d’affichage et le support final influencent le résultat.
Pour un usage principalement destiné à l’écran ou à des tirages modestes, la surface réduite peut rester compatible avec les attentes du lecteur. Pour des agrandissements importants, le choix d’un film de faible sensibilité peut être envisagé, à condition de vérifier la fiche technique du film choisi et son prix par vue. Aucune comparaison chiffrée ne peut être établie sans relevés datés.
Le laboratoire doit savoir que le rouleau provient d’un appareil demi-format. Cette précision aide à définir le découpage des scans, notamment si les images doivent être livrées séparément ou regroupées par paires. Avant l’envoi, demandez le tarif du procédé adapté, le délai annoncé et la résolution exacte du fichier, puis ajoutez les frais de port au coût total.
Le Pen F n’est donc pas un choix automatique pour tout débutant. Il répond bien à une recherche de nombreuses vues, de cadrage vertical et de système reflex compact. Il convient moins à une personne qui privilégie les grands tirages ou qui compte exclusivement sur le posemètre intégré d’un modèle ancien.
Le nom peut aussi prêter à confusion avec le PEN-F numérique lancé en 2016, un hybride Micro 4/3 dont le dessin reprend certains codes du modèle historique. Le Pen F décrit ici est l’appareil mécanique à pellicule conçu en 1963 ; l’année et la nature du support permettent de distinguer clairement les deux produits.
Combien de vues donne une pellicule de 36 poses dans un Olympus Pen F ?
Le demi-format permet jusqu’à 72 vues théoriques sur une pellicule 35 mm de 36 poses. Le nombre obtenu peut varier selon l’amorçage et l’avancement du film.
Le Pen F utilise-t-il une pellicule spéciale ?
Non. Il utilise une pellicule 35 mm standard, mais expose des images de 18 × 24 mm, soit la moitié de la surface d’un cadre 24 × 36 mm.
Quelle est la différence entre le Pen F et le Pen FT ?
Le Pen F n’a pas de posemètre intégré et demande deux mouvements d’armement par vue. Le Pen FT ajoute une cellule CdS intégrée, un armement simple course et un retardateur.
Pourquoi faut-il prévenir le laboratoire que le film est en demi-format ?
Le laboratoire doit connaître le format pour adapter le découpage et le scan. Demandez si les images seront livrées séparément ou par paires, ainsi que le prix, le délai et la résolution du fichier.
Le dossier complet Appareil photo argentique : choisir selon la pellicule acceptée
